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L'origine des patronymes

Vers l’an mil, les personnes ne portent qu’un seul nom, celui de leur baptême. Ceci est un héritage des enva­hisseurs germaniques. Il y a, à ce moment-là, une variété de noms disponibles; donc le fait que des personnes portent le même nom est encore sans gravité. Mais deux siècles plus tard, la situation se complique. Les pos­sibilités de choix de noms diminuent, dues à la mode. La popularité de certains noms se fait sentir : Raimundus, Guillemus, Bernardus ou Berengarius sont très recherchés en Catalogne. Voici un exemple retrouvé dans les études de Paul Aebischer sur le cartulaire de Sant-Cugnat :

 

Années

Nombre d’individus

Quantité de noms

970-979

238

172

1070-1079

159

58

1170-1175

272

44

 

La diminution de noms est donc devenue une difficulté dans la vie quotidienne et la rédaction des cartulaires. C’est alors le début de l’utilisation d’un second nom. Cette situation existe déjà d’ailleurs chez les rois francs : Charles Martel, Pépin le Bref, Charles le Grand. Le surnom a presque toujours existé et existe encore dans les sociétés.

Dès le XIIe siècle, chaque individu possède deux noms et le second doit permettre la différenciation des personnes. La majorité des gens ont alors décidé de donner comme deuxième nom, celui du père. Les noms français les plus anciens viennent des Gaulois : Hrod-Bert « glorieusement brillant » Robert; Berin-Hardt « ours fort », Bernard; « brillant corbeau » Bertrand; « qui règne fort » Richard.

Le choix du deuxième nom ou nom de famille s’est fait de la même manière un peu partout sur les conti­nents. On emploie le nom du père ou quelquefois de la mère, un nom de lieu ou de paysage, un nom de mé­tier ou de dignité et divers surnoms :

Le nom du père tel qu’il existait : Martin, Roger.

Le toponyme : la ville ou le village d’où la personne est originaire; la maison, sa situation dans la localité ou son état; le paysage : Pierre de Saint-Pierre, Jean-Baptiste de Grandmaison, Vallée, Côté, Dumont, Rivière, Lamarre, Rioux, Fontaine, Deschênes, Delorme, Poirier.

Le lieu où on habite : Bois, Laroche, Lalande (terre en friche), Dugas (terre inculte).

Le lieu où l’on travaille ou le type de propriété que l’on possède : Laforge, Lavigne.

Le nom de métiers : Faivre, Lefèvre (forgeron), Boulanger, Forestier, Saunier, Fournier, Boucher.

Le mois de naissance, une fête : Noël, Abril.

Les couleurs : Lenoir, Leblanc, Lebrun.

Les particularités physiques ou morales : Petit, Legrand, Legros, Bellejambe, Labonté, Bonenfant.

La religion et la bible : Lévesque, Dépardieu, David, Samson.

Les patronymes apparaissent, en majorité, dans la société du Moyen-Âge, à partir du XIe siècle. Réservé premièrement à la royauté, l’accroissement de la population nécessite l’utilisation de surnoms et de sobri­quets afin de distinguer les familles.

Même si le plus ancien registre remonte à 1334, le registre de l’état est introduit en France seulement qu’au XVIe siècle. Avec l’ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, François 1er rend obligatoire la tenue du regis­tre civil en France. Par la suite, l’Église catholique romaine oblige toute la chrétienté à tenir un registre de l’état civil avec le concile de Trente, en 1563. La transmission du nom du père à tous ses enfants est donc devenue obligatoire. En 1579, le roi Henri III précise, par ordonnance, les règles de la célébration du mariage.

De plus, il faut noter qu’il n’y a pas d’orthographe. Les patronymes évoluent d’un acte à l’autre selon la per­sonne qui l’écrit et selon la connaissance du nom ou de la prononciation. Il ne faut donc pas s’arrêter à une orthographe mais aussi chercher des orthographes approchantes et de ne pas oublier la phonétique. Il faut noter aussi que les arrivants en Nouvelle-France ne viennent pas tous de la même région française. Or cha­que région a sa propre prononciation pour ne pas dire son dialecte. Ainsi, la langue d’oc, synonyme de « occitan » est un ensemble de dialectes romans parlés dans la moitié sud de la France par opposition à la langue d’oïl parlé dans la moitié nord.

Le patronyme Faugas en France

Le surnom « de Faugas » est attribué à nos ancêtres à l’époque de la formation des noms de famille et sûre­ment en raison de son lieu d’habitation. Le terme « fauge » (féminin), en ancien français, désigne fougère ou fougeraie, en Puy-de-Dôme et dans l’ouest; en Bourgogne et Dauphiné « fouge ou fuge »; au pays gascon, « feuga ». Le suffixe « as » est une sorte de superlatif. « Faugas » a donc la signification de « grande fougère ou grande étendue de fougères ». Habitant un endroit possédant cette caractéristique naturelle, ses contempo­rains l’ont probablement surnommé « La Faugas » ou « de Faugas » pour le différencier.

Le nom de Faugas, Feugas et Feaugas sont des noms très répandus en Gironde. Un vin de Bordeaux s’appelle d’ailleurs le Domaine de Faugas. Hervé Le Diascorn produit également, dans la commune de Gabarnac, un vin blanc liquoreux appelé le Château Tour Faugas (aoc Cadillac). Dans la même commune se trouve un Château Faugas; on y produit un fameux vin d’appellation Château Faugas. Il y a aussi à Gabarnac un district Faugas et un petit ruisseau Faugas. Enfin une chapelle de la paroisse de Notre-Dame-de-Bazas s’appelait Feugas.Des familles Faugas se retrouvent très tôt dans cette région. Bertrand de Faugas fut maire de Bordeaux de 1296 à 1300. Les rôles de Gascons notent la présence à Navarre, du seigneur de Fogas Juson les 10 et 24 mai 1315.

De plus, selon Christian Bougoux, au XIIIe siècle, les Faugas sont seigneurs de tout le territoire de la paroisse de Gabarnac, près de Cadillac, grande terrasse en surplomb sur la Garonne. Une minuscule église romane s’y trouve encore. Sur la rive droite de la Garonne, le Château de Faugas dresse fièrement ses trois tours et son vieux donjon. Bâti au XIIIème siècle sur l’emplacement d’un site gallo romain, le château fut la propriété de deux grands noms de l’histoire Girondine : le Duc d’Epernon au XVIIème et le Marquis d’Alon au XVIIIème.

Gabarnac est situé dans la région de l’Aquitaine, département de la Gironde, à une altitude de 100 mètres. D’une superficie de 538 hectares, elle possède une population de 274 habitants. La seigneurie de Faugas couvrait le territoire de la paroisse presque entièrement. Le château aurait servi de refuge à des prêtres pen­dant la Révolution.

Depuis 1891, le patronyme Faugas semble peu répandu en France comme le démontre le tableau suivant :

 

Nombre de Faugas nés en France de 1891 à 1990

Département

1891-1915

1916-1940

1941-1965

1966-1990

Gironde

15

23

20

11

Guyane

 

2

4

5

Haute Garonne

 

 

1

 

Hérault

 

 

 

1

Lande

1

1

 

 

Lot et Garonne

10

4

5

3

Nord

 

2

 

 

Paris

1

1

 

 

Sarthe

 

 

6

8

Seine et Marne

 

 

 

2

Tarn et Garonne

 

 

1

 

Total

27

33

37

30

 

Les Faugas en Nouvelle-France

De Faugas à Phocas

Romain est le seul Faugas à s’être établi en Nouvelle-France, au début des années 1700. Très vite le pa­tronyme Faugas est changé pour Phocas dans les registres religieux et civils de la Nouvelle-France. Ces re­gistres sont tenus par les prêtres et les missionnaires des paroisses. Or c’est premièrement dans les registres de la paroisse de Saint-Louis-de-Kamouraska que l’on rencontre pour la première fois le patronyme Phocas. Comme les généalogistes du Québec se servent des registres religieux et civils des paroisses pour établir les filiations, notre ancêtre à donc perdu son patronyme Faugas pour celui de Phocas. Par contre, dans les actes notariés, on rencontre Faugas, Phaugas, Phaucas, Focas, Focase et Focasse, mais jamais Phocas. Le patro­nyme Phocas est d’origine grecque alors que notre ancêtre, Romain de Faugas est originaire de Saint-Pierre-de-Mons, en France.

De Faugas, Phocas à Raymond

Notre ancêtre, Romain de Faugas, ne sait lire ni écrire; il ne peut donc vérifier l’exactitude de son prénom dans les actes, ni les signer. Or on retrouve dès son arrivée en Nouvelle-France, son prénom écrit de diffé­rentes manières : Romain, Remon, Remond, Raimon et enfin Raymond. Bien vite, dès la deuxième généra­tion, on écrira dans les actes Faugas dit Raymond ou Phocas dit Raymond. Par la suite le patronyme Faugas ou Phocas fait place à Raymond. Mais cette souche de Raymond n’est pas la seule au Québec.

Autres souches de Raymond

  • Raymond dit Bellegarde

Jean Raymond dit Bellegarde est le fils de François et de Marie Courgeau, d’Écoyeux, en Saintonge, soldat de la compagnie de Dorvilliers. Il épouse, à Québec, le 4 novembre 1686, Catherine Lemire, fille de Jean et Louise Marselet. Le couple n’a pas d’enfant. Jean est décédé à l’Hôtel-Dieu de Québec, le 19 avril 1700.

  • Raymond dit Passe-Campagne

Toussaint Raymond, fils de Barthélémie et de Marguerite Chaudié, originaire de Rouillet dans l’arrondissement d’Angoulême, arrive au pays comme soldat. Le 29 juin 1692, à Laprairie, il épouse Marie Lemaître, fille de Pascal et Louise Duval et veuve de Jean Duval; leurs deux enfants sont décé­dés en bas-âge. Toussaint se marie une deuxième fois avec Barbe Pilet, fille de François et de Françoise Loisel, le 1er octobre 1696, à Montréal. Quinze enfants sont issus de ce mariage.

  • Raymond dit Toulouse

Jean Bertrand arrive en Nouvelle-France avant 1690 et porte un surnom comme la plupart des soldats, hérité d’une coutume consistant à initier les hommes qui traversaient l’Atlantique pour la première fois. À cette occasion, il est surnommé Toulouse mais plus tard il adopte le patronyme Raymond, le prénom de son père. Jean est le fils de Raymond Bertrand et Jeanne Aubry. Il vient probablement de Saint-Lizier-du-Planté, arrondissement de l’Auch, en Guyenne. Il épouse le 10 février 1699, à Laprairie, Louise Drousson, fille de Robert et Jeanne Tardé. Le couple a dix enfants qui perpétueront le nom de Raymond et de Bertrand. Après 1760, François, le petit-fils de Jean, voit son patronyme de­venir Raymond. L’ancêtre est décédé le 6 janvier 1737 à Laprairie.

  • Raymond dit Labrosse
 

Raymond de la Brosse dit Bourguignon est soldat de la compagnie de Blainville ou de Senneville. Il est né en Bourgogne, dans le pays du Brionnais, paroisse de St-Symphorien-des-Bois, Saône et Loire. Raymond Labrosse se marie le 19 mai 1724, à Pointe-Claire, avec Marie-Louise Clément, fille de Pierre et de Catherine Prezeau. Cinq enfants naissent de ce mariage. Raymond Labrosse meurt à Pointe-Claire, le 15 février 1768, à l'âge de 72 ans et Marie-Louise Clément, le 21 novembre 1784. Ses descendants portent le patronyme de Labrosse ou, comme son prénom, Raymond.

  • Raymond dit Ratier
 

Raymond Ratier est le fils de François et Bertrande Margalé, de Saint-Pierre-de-la-Feuille, Quercy. Deuxième souche de Ratier en Nouvelle-France, il se marie à Trois-Rivières, le 4 octobre 1722, avec Marie-Marguerite Ondoyer, fille de Martin et Marie Énard. Ils ont 8 enfants et vivent à Nicolet. Ses enfants portent le nom de Ratier ou de Raymond-Ratier alors que d’autres gardent seulement le pré­nom de leur père, Raymond.

  • Raymond dit Sansfaçon
 

Louis-Marie Raymond-Sansfaçon est né le 15 novembre 1733. Originaire de Nanterre, Haut-de-Seine, il est le fils de Pierre et Jeanne Charbalest. Louis-Marie est arrivé au pays vers 1755, comme grenadier au régiment de Berry, compagnie de Foulhiac. Il épouse Élisabeth Provost, fille de Jean-Baptiste et Élisabeth Lépinay, le 6 février 1758, à Beauport.

  • Raymond dit Vide-Bouteille
 

Jean-Baptiste Raymond dit Vide-Bouteille est le fils de Nicolas et de Sébastine Laurent de France. Il se marie avec Louise Beignet, le 15 octobre 1764, à L’Assomption. Ils ont trois garçons.

  • Raymond, François (souche acadienne)
 

François Raymond, fils de Claude et de Marguerite Morga, est né vers 1677 à Doray, Marche, France. Il épouse Anne Comeau, fille de Pierre et Jeanne Bourg, le 6 juin 1707 à Port-Royal en Acadie. Le couple a une dizaine enfants. Certains se sont retrouvés dans la région de Kamouraska et de Rimouski, au Nouveau-Brunswick, dans le Maine, etc. François est décédé le 11 mai 1751 à Port-Royal, Acadie, Nouvelle-France.

  • Raymond, François
 

François Raymond, fils d’Arnoul et de Barbe Noisel, de Notre-Dame-de-Marte, duché du Luxembourg, épouse le 2 février 1748 à Québec, Marie Françoise Massard, fille de Nicolas et Anne Bellesoeur et veuve de Pierre Barbereau. Marie-Françoise est mère de 4 filles. François se remarie le 16 octobre 1752 avec Marie-Joseph Quénet, fille de Thomas et Marie-Anne Maheu. Ils ont 2 garçons.

  • Raymond, Pierre
 

Pierre Raymond, époux de Françoise Lamoureux, fille de Étienne et Marie Martineau, est père de deux enfants. Il est originaire de Marennes, Saintonge; maître cordier, il est en Nouvelle-France en novem­bre 1733.

 

Recherche : Robert Raymond

 

Cliquer ici pour voir la croisade des patronymes (en format PDF)